Écologie lacustre 101

Cycle naturel ou vieillissement assisté?

Un écosystème lacustre est un système dynamique qui évolue graduellement avec le temps et le climat. Un lac profond comme le lac Écho a une masse d’eau dont l’importance favorise l’inertie thermique et chimique. Dans ce cas, un lac est moins réactif à la pollution, aux pressions de l’activité de l’homme et aux changements de l’environnement (température, hydrologie ou autres phénomènes naturels). Bref, il vieillit moins vite.

Dans un cycle naturel, un lac évolue. Pour faire une analogie avec l’homme, on peut dire qu’un lac naît, vit et meurt.

Au cours de sa vie, un lac s’emplit graduellement de matières organiques et de détritus. Il finit par se refermer complètement. Dans la nature, un lac se transforme peu à peu en marais, en tourbière et, enfin, en forêt.

La qualité de l’eau dépendra d’une foule de facteurs: climatiques, géologiques, biologiques et humain. Ils opèrent à des échelles spatiales extrêmement différentes.

État de santé

Le lac Écho a atteint sa maturité naturelle, mais vieillit prématurément à cause de pressions anthropiques. Le lac présente aussi les premiers signes d’eutrophisation. Pour ralentir ce processus, le ministère de l’Environnement nous recommande «l’adoption de mesures pour limiter les apports de matières nutritives issues des activités humaines». Objectif: préserver l’état du lac, ses usages et la valeur de nos propriétés. L’Association agit sur plusieurs fronts pour y parvenir et compte sur la contribution de chacun.

L’eutrophisation est une phase avancée de la vie d’un lac: sa phase terminale. Il s’agit d’une phase correspondant à un apport important de matières nutritives qui alimentent la flore d’un lac au point de l’étouffer.

Quand un lac est dit «eutrophe», il se particularise par des eaux plus chaudes que la moyenne, par une eau très riche en phosphore qui facilite la croissance de végétation aquatique (algues et autres plantes), ainsi que par la présence importante d’organismes en décomposition.

Agir maintenant pour l’équilibre de demain

Le phénomène de vieillissement naturel du lac est accéléré par plusieurs de nos activités: déboisement, utilisation d’engrais, édification et maintien de murets de pierre, construction de plages artificielles, etc.

Les problèmes observés autour du lac et à même l’ensemble de son bassin versant résultent de nombreuses années de dégradation. Les changements résultant de nos actions ne se feront pas sentir du jour au lendemain. Il faudra être patients.

Cyanobactéries

Les proliférations de cyanobactéries à la surface de l’eau, en affaiblissant la lumière, nuisent à certaines formes d’algues et limitent les échanges gazeux entre l’atmosphère et l’eau. Ces bactéries consomment en outre l’oxygène de l’eau et peuvent conduire à une asphyxie des animaux aquatiques ou du lac au complet. Les causes normalement suspectées de bloom de cyanobactéries tiennent aux taux très élevés de matières organiques.

Heureusement, le lac Écho en est exempt. Toutefois, les données recueillies permettent de confirmer qu’il existe un apport non négligeable de sédiments provenant de ses deux principaux tributaires: la rivière Hamilton et l’émissaire du lac Mud. Ces sédiments présentent des concentrations élevées de nutriments (phosphore et azote).

La reproduction des algues bleues est notamment causée par une profusion de phosphore qui est exacerbé par le déboisement des rives, l’utilisation de savons avec phosphate, les fertilisants utilisés dans nos jardins et ceux issus des exploitations agricoles, de terrains de golfou encore par la perte progressive de milieux humides – les reins d’un plan d’eau comme le lac Écho.

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