Comprendre le lac

La principale source d’eau du lac Écho est le lac Anne. Il chevauche les régions environnantes de Wentworth, Gore et Milles Isles. Heureusement, les résidents du lac Anne partagent avec nous la même philosophie de respect de la nature. Les deux associations font partie d’un comité de bassin versant et nous nous tenons toujours au courant de l’état de santé des plans d’eau.

L’eau du lac Anne arrive au lac Écho par le Ruisseau Jackson après une centaine de kilomètres de méandres. Elle est acheminée au lac par une enfilade de rivières et de plus petits plans d’eau comme le lac Daïnava et le lac Seale. Le lac comporte aussi de nombreuses petites sources souterraines et l’eau des montagnes environnantes se déverse dans le lac par une foule de ruisselets que l’on aurait bien du mal à compter.

Comme les castors sont actifs sur le Ruisseau Jackson, nous veillons à contrecarrer l’action de leurs barrages sur l’écoulement naturel. Il suffit de ne pas laisser les animaux agrandir leurs barrages. On évite ainsi l’accumulation de sédiments et des débordements lors de grosses pluies. Ce travail d’inspection des barrages de castors doit se faire de manière régulière.

Outre le Ruisseau Jackson, le Lac Écho possède plusieurs sources sous-jacentes. Un petit ruisseau provient de l’étang du lac Mud et il y a de nombreux ruisselets qui descendent des montagnes attenantes. Ce sont ces sources qui nous donnent des frissons quand on nage à travers un courant froid.

Au printemps, les eaux hautes se déversent dans un lac adjacent, le lac Mud. Comme son nom le suggère, ce lac contient beaucoup de sédiments. De plus, il abrite de nombreux castors. Quand l’eau chargée de sédiments redescend, elle se déverse parfois à nouveau dans le lac.

Lac sans moteurs

Les résidents se sont donnés comme règle de ne pas utiliser de moteurs à propulsion mécanique ou électrique sur le lac. Tout moteur est prohibé sans exception. Cette règle non écrite est en vigueur depuis des dizaines d’années et s’est transformée en loi fédérale en 1991.

Selon une classification de Transport Canada, le lac Écho est inscrit depuis 1991 sur la liste des eaux sur lesquelles les bâtiments à propulsion mécanique ou à propulsion électrique sont interdits.

Cette règle assure que nous maintenons une qualité de vie exceptionnelle au lac Écho, autant par sa grande tranquillité par rapport aux lacs de même taille dans la région qu’en terme de sécurité pour les résidents. Il n’est pas rare de voir quelqu’un nager d’une rive à l’autre du lac sans crainte d’être dérangé par un hors-bord.

L’interdiction des bateaux moteurs est devenue un facteur déterminant dans l’achat de propriétés autour du lac. Pour certains c’est une question de qualité de vie, pour d’autres, c’est il s’agit de protéger l’environnement: contrer l’érosion des rives, le relargage du phosphore, la propagation de plantes aquatiques indésirables ou simplement pour éviter le bruit.

Qualité de l’eau

La qualité de l’eau du lac Écho est excellente. C’est notamment parce que les résidents qui l’entourent se préoccupent de sa santé environnementale depuis une bonne trentaine d’années. Le ministère de l’Environnement fait d’ailleurs référence aux activités de l’Association en tant que meilleures pratiques en gestion de la qualité de l’eau. L’échantillonnage de l’eau du lac est effectuée depuis une vingtaine d’années, les activités de plantations sont nombreuses et l’association fait régulièrement appel à des experts en limnologie pour l’orienter vers les meilleures actions à entreprendre pour maintenir une qualité d’eau exceptionnelle. Bien entendu, et vous l’entendrez dans son écho, le lac est également choyé par la nature ce qui l’avantage sur plusieurs plans.

Le lac est profond, doté de sources souterraines et a la chance d’être drainé par un débit d’eau important. Peu de lacs de la taille du lac Écho ont des charges et des décharges aussi importantes. De plus, la principale charge du lac, le Ruisseau Jackson, s’étend sur des dizaines de kilomètres avant de rejoindre un autre lac. Cette rivière ne traverse aucune zone agricole et aucune habitation ne la borde à moins de trois kilomètres. La rivière est entourée d’un milieu humide vierge qui agit comme un véritable poumon pour le lac.

Après quelques études sur la santé environnementale du lac datant des années 1980 et 1990, le comité écologique a mandaté une firme-conseil pour réaliser une nouvelle étude de caractérisation dans la foulée des craintes populaires reléguées par les médias à travers la province au sujet des algues bleues.

C’est ainsi qu’un rapport a été présenté en 2007, afin de déterminer les limites du bassin versant du lac Écho, d’identifier les sources potentielles d’apports de nutriments à partir de photographies aériennes et de valider sur le terrain la présence de ces sources. Une campagne de caractérisation de la qualité de l’eau et des sédiments a aussi été réalisée afin de mettre à jour l’information sur la qualité de l’eau et des sédiments.

Résultats des tests d’eau

Les résultats des tests d’eau conduits en collaboration avec le Réseau de surveillance volontaire des lacs(RSVL) du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) indiquent que la qualité de son eau est excellente et que le lac est à un stade de développement oligomésotrophe. Il s’agit d’un niveau trophique qui n’est pas inquiétant, mais qui appelle à la plus grande prudence.

Un niveau trophique permet de classer un lac selon son degré de productivité biologique, son état pouvant varier de «très oligotrophe» à «très eutrophe». Pour simplifier, le stade mésotrophe est à mi-chemin entre un lac en fin de vie et un lac dans la force de l’âge! Le processus de vieillissement d’un lac est graduel. Les changements de niveaux trophiques se manifestent au fur et à mesure de l’eutrophisation.

Toutes nos actions de protection ont comme but de préserver ce stade et de ralentir le processus de vieillissement du lac.

Les résultats des tests des dernières années sont disponibles sur cette page du RSVL.

Les localisations des stations d’échantillonnages peuvent être consultées ici.

Berges

Globalement, les berges du lac sont en très bon état. La végétation riveraine est bien développée et comporte généralement des strates herbacées et arbustives sur au moins 15 mètres de large. La présence d’une végétation riveraine bien développée contribue à retenir les sédiments. La végétation riveraine utilise les nutriments pour leur propre croissance avant que ces derniers n’atteignent le lac.

Malgré nos efforts et les avertissements des autorités municipales, il faut néanmoins souligner que certains terrains en bordure du lac sont aménagés avec des murets de pierres. Heureusement, c’est une pratique qui tend à changer. Les rares murets encore en place sont tranquillement laissés à l’abandon et leurs propriétaires laissent la nature reprendre sa place.

15 mètres, 30 mètres… bientôt 100!

Les rives de chaque lac de la municipalité ne doivent pas être touchées sur une largeur de quinze mètres à partir de la ligne des hautes eaux. On calcule quinze mètres à vol d’oiseau, sans lien avec la topographie (municipalité de Morin-Heights, Règlement416).

Voici un extraitde ce règlement:

«(…) toutes interventions de contrôle de la végétation, dont la tonte de gazon, le débroussaillage, l’abattage d’arbres, l’épandage de paillis, l’utilisation de géotextile pour étouffer le gazon et l’épandage d’engrais, sont interdites (…)»

Ce règlement est assorti de plusieurs dispositions régissant les constructions dans cette zone – y compris les murets, ainsi que les ouvertures permises pour accéder à l’eau.

Cette bande de quinze mètres correspond au niveau d’eau le plus haut que le lac atteint au dégel. Ceux qui ont encore du gazon dans cette zone doivent le laisser pousser. Ils peuvent y planter plantes herbacées et des arbustes indigènes, mais même sans intervention, la nature prendra rapidement le dessus. Aucune obligation de planter, il suffit de rappeler une chose: ne pas toucher!

D’ailleurs, aucun engrais ou herbicide n’est permis à l’intérieur de 30 mètres de la ligne des hautes eaux. Il est possible que la loi change pour faire porter cette interdiction à 100 mètres. La règle des 100 mètres est déjà appliquée dans plusieurs coins des Laurentides.

Végétalisation des rives

Si la rive sur votre terrain a conservé son aspect naturel, il faut d’abord vous féliciter!

Si cette rive possède des aménagements artificiels, tels que gazon ou muret de pierre, il est essentiel de la végétaliser.

Végétaliser ou «renaturaliser» c’est redonner un couvert végétal à un terrain dénudé par l’action de l’homme ou par divers phénomènes naturels.La végétalisation peut impliquer replanter ou reboiser, mais, dans bien des cas, ça voudra simplement dire «vivre et laisser vivre».

Pour y voir, deux choix faciles!

£ «Vivre et laisser vivre»: laissez la nature suivre son cours. Voilà certainement la méthode la plus simple et la moins chère. Arrêtez de tondre la pelouse ou d’émonder arbre et arbustes, laissez la végétation aquatique prendre place, ne nettoyez pas votre plage et voyez comme l’écosystème reprendra rapidement ses droits. Vous verrez les résultats en moins d’un an.

£ Végétalisation active: Plantez des végétaux indigènes, adaptés aux bords de lac et au climat laurentien. Le meilleur moment de l’année pour effectuer ces plantations est de la mi-juin ou à la fin août. Travaillez de préférence tôt le matin ou en soirée. N’utilisez surtout pas d’engrais, de fertilisants ou de compost. Ils encouragent la prolifération de plantes aquatiques indésirables.

Les plantes que vous choisirez doivent être les plus aptes à végétaliser la rive.

Comment les reconnaître? Quoi choisir?

– croissance rapide;

– indigène et vivace;

– rusticité comprise entre 2 et 3;

– système racinaire important pour la stabilisation du sol.

Pour les planter, on recommande de creuser un trou deux fois plus gros que le plant et d’ajouter un peu de terre noire. Certains voudront ajouter une poignée de mycorhizes. Il s’agit de petits champignons qui facilitent l’élargissent des systèmes racinaires. Toutefois, plusieurs vous diront que c’est loin d’être nécessaire. Placez le plant dans le trou et remblayez-le avant de bien compacter la terre et d’arroser avec l’eau du lac. Selon le type de sol (humide, semi-humide ou sec) vous pourriez vouloir planter les espèces suivantes:

– 
Myrique baumier (Myrica gale)
;

– Aster ponceau (Aster puniceus);

– Iris versicolore (Iris versicolor)
;

– 
Cornouiller stolonifère (Cornus stolonifer)
;

– Sureau du Canada (Sambucus canadensis);

– Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia);

– 
Spirée à larges feuilles (Spirea latifolia)
;

– Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia);

– Rosier rustique (Rosa rugosa)
.

Pour plus d’informations sur la végétalisation, la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec (FIHOQ) offre les deux documents d’information suivants:

1) Je protège mon héritage, je végétalise ma bande riveraine!

ou téléchargez le PDF (1,7 Mo)

2) Répertoire des végétaux recommandés pour la végétalisation des bandes riveraines ou téléchargez le PDF (10,6 Mo)

Bons et mauvais aménagements

Bon aménagement

LA RIVE

– La végétation riveraine est conservée, elle constitue des habitats fauniques importants et protège la rive contre l’érosion.

– Plus de 50 % du couvert végétal est préservé ce qui ralentit la vitesse d’écoulement de l’eau vers le lac et maintient une climatisation naturelle de la propriété.

– Un élagage modéré des arbres ouvre une fenêtre discrète qui donne une vue sur le lac et le paysage.

– Un terrain naturel nécessite peu d’entretien et laisse plus de temps pour la détente… naturellement !

LE LITTORAL

– Le littoral, la pouponnière du lac, est un habitat naturel productif avec une flore et une faune diversifiées.

– Le fond de l’eau est un ensemble d’agrégats propices à la frai de certaines espèces de poissons.

– Les herbiers aquatiques, formés d’une variété d’espèces, constituent un refuge, un garde-manger et un lieu de reproduction pour les poissons.

– Un quai sur pilotis permet la libre circulation de l’eau et de la faune aquatique.

– Un littoral en santé est celui qui conserve ses caractéristiques naturelles.

– Une eau saine et de bonne qualité permet des usages récréatifs comme la baignade.

Mauvais aménagement

LA RIVE

– La végétation riveraine a été remplacée par de la pelouse et des enrochements, les habitats fauniques sont disparus et la rive est exposée à l’érosion.

– Le couvert végétal, réduit au gazon, ne permet plus de ralentir les eaux de ruissellement; sédiments fins et fertilisants s’accumulent dans le lac.

– Privé de ses arbres, le paysage naturel cède la place aux façades des résidences et aux aménagements artificiels.

– Un aménagement de type urbain est coûteux et nécessite beaucoup d’entretien; il reste moins de temps pour la détente et les loisirs.

LE LITTORAL

– Les aménagements ont dégradé le littoral, la diversité biologique diminue au profit de quelques espèces de plantes aquatiques qui envahissent le lac.

– Les plantes aquatiques surabondantes meurent et s’accumulent au fond; le fond naturel disparaît sous une couche de matière organique (vase).

– La prolifération des plantes aquatiques réduit la quantité d’oxygène; les espèces sensibles disparaissent au profit d’espèces plus tolérantes.

– Un quai fermé empêche la circulation de l’eau et de la faune, favorise les dépôts de sédiments et la prolifération des algues et des plantes aquatiques.

– Un littoral dégradé entraîne un vieillissement prématuré du lac.

– La qualité de l’eau et du fond se détériore et limite les usages récréatifs comme la baignade et la pêche sportive.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *