Histoire: un peu plus

Colonisation

La toute première habitation à Morin-Heights fut construite au lac Écho. En 1848, Thomas Seale, originaire de Connaught en Irlande, a reçu une terre de la Couronne et a bâti la première ferme dans le canton de Morin. Une portion de sa maison en bois équarri est demeurée intacte jusqu’à nos jours. Elle fut incorporée à la maison Lewis près de la rue Log Village.

Au dix-neuvième siècle, des familles de pionniers, telles que les Seales, Watchorns, Newtons et Jekylls, ne faisaient qu’y pêcher, y abreuver le bétail et y couper de la glace l’hiver pour la conservation de denrées périssables. La première activité récréative sur le lac fut une course annuelle de chevaux et traineaux. Elle a eu lieu pendant quelques années au Jour de l’An.

Origine du nom

Le lac Écho a déjà été connu sous le nom de «Cedar Lake» ce qui serait dû à la végétation dominante ainsi que «Lac Joe» en l’honneur d’un des premiers habitants à y avoir construit une propriété.

On ignore l’origine exacte du nom du lac, mais il est possible qu’il évoque l’écho qui se propage autour d’un lac entouré de montagnes. Oui, il y a un écho! Il est particulièrement présent quand on est sur une des rives nord du lac et que l’on fait face à la montagne au sud. Cottage Road est un bon endroit pour tester le tout. Cet écho, courant sur des lacs du Québec, a certainement été à l’origine de la même dénomination pour au moins une vingtaine d’autres étendues d’eau dans la province – dont quelques-unes dans les Laurentides mêmes.

Chemin de fer

En 1895, le chemin de fer du Canadien National permit d’accéder au village de Morin Flats et le lac Echo devint une destination estivale pour les vacanciers en provenance de Montréal. En 1904, les premières maisons de campagne furent construites sur Cottage Road par les familles Binns et Henderson. En 1925, bon nombre de lots avaient déjà été vendus et des résidences secondaires bâties. La plupart de celles-ci existent encore. Elles furent construites dans un style traditionnel à la Nouvelle-Angleterre, avec de larges vérandas sur deux ou trois côtés des maisons.

Les «loggies»

Dans les années 30, George Binns, qui employait des artisans locaux, a commencé à construire des maisons en bois rond au style très distinctif. Elles aussi ont été agrandies et modifiées au fil du temps. La plupart furent construites entre 1935 et 1955. Binns construisit d’autres résidences en bois rond dans les environs de Green Acres de l’autre côté du village en direction de Lachute. Toutefois, les maisons du Lac Écho sont plus anciennes et généralement plus grandes.

S’il existe une unité de style et de matériaux dans ces constructions, les premières maisons du Lac Écho sont toutes très différentes. De facture simple, ces maisons d’apparence rustiques sont fabriquées à partir d’épinette et de sapin de la région. Walter DaRold, un artisan hors pair, contribua à la construction des cheminées en pierres des champs et aux sculptures décoratives que l’on peut encore voir autour des portes et sur certaines poutres de soutien. Le peintre Helmut Gransow y ajouta sa touche sur plusieurs murs, plafonds et volets. Certains résidents possèdent encore des meubles peints par l’artiste allemand qui s’installe à Morin-Heights en 1950. Par respect pour la tradition, plusieurs propriétés construites par la suite ont respecté le style initial.

Des chalets à l’année

Avec l’amélioration du réseau routier et l’attrait du ski, le Lac Écho est rapidement devenu un endroit où l’on pouvait vivre toute l’année. En 1960, les terrains étaient tous bâtis autour du lac et malgré leur superficie, on les a maintenus peu défrichés pour en préserver l’apparence naturelle.

Les résidents du lac Écho ont toujours été de fervents protecteurs de l’environnement, et cela, bien avant de se regrouper en association. Bon nombre des premiers propriétaires étaient des professeurs de l’Université McGill et des docteurs en médecine, attirés par la pureté de l’air et de l’eau, par la nature sauvage et une vie plus rustique.

Les embarcations à moteur n’ont jamais été permises sur le lac et, depuis une vingtaine d’années, on sent un intérêt prononcé pour la restauration et la protection de ses rives.

Les Régates

Les Régates constituent une activité très prisée. Les compétitions sont principalement organisées pour les enfants.

Chaque été, on prête aux champions des différentes épreuves les trophées qui circulent depuis plusieurs générations. La tradition se perpétue ainsi dans une atmosphère de fête. Un de ces trophées possède encore une plaque de 1912. Le premier gagnant dont le nom apparaît sur ce trophée de 1912 est l’ancêtre de l’une des familles qui réside encore au lac. On retrouve d’ailleurs sur ce même trophée plusieurs noms de voisins encore présents au lac aujourd’hui.

L’Association des Propriétaires du Lac Écho, en tant qu’institution informelle, existe depuis 1940, mais c’est l’été 2012 qui marquera le centenaire de notre véritable esprit communautaire.

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Ce texte est adapté d’un article publié par l’Association historique de Morin-Heights qui a fait paraître un historique plus détailléen 1998.

STOCK, Sandra, “Echo Lake: A History“,The Porcupine, Association historique de Morin-Heights, numéro2, août 1998, p. 25 à 59.

Pour plus de renseignements concernant l’histoire de Morin-Heights, nous vous invitons à consulter le site Web de l’Association historique de Morin-Heights.